La Katasklaus aux fêtes de Dax, Août 2009

La Katasklaus aux fêtes de Dax, Août 2009

Un pin qui en dit long...Sabres,Juillet 2009



La KatasKlaus vue par Philippe Salvat - Janvier 2009

































La KatasKlaus vue par Philippe Salvat - Janvier 2009


"La Katasklaus aux arènes de Dax, concert de Francis Cabrel, Juillet 2009.


La Katasklaus vue par Paul, Azur

La Katasklaus vue par Louis, St Paul lès Dax



La "Kantaklaus" des Katasklausiens


Poème de témoignage de Françoise Canepa, Ychoux

 

 

« Pas trop de casse chez vous ? »

Le vent soufflait encore fort ce samedi fin de matinée lorsque bravant les éléments et décidant d'affronter un Klaus faiblissant, je me décidais enfin à pointer le nez dehors.

Des arbres au sol, un magnifique cèdre ouvert en deux, posé sur la clôture, le mobilier de jardin éparpillé 50 mètres plus loin... comme autant de raisons de croire que cette fois, le ciel était bien tombé sur nos têtes.

Je suis resté là une dizaine de minutes, abasourdi par ce spectacle de désolation. Je me demandais bien comment j'allais pouvoir partir avec ma voiture, un grand et vieil arbre obstruant carrément la sortie. C'est une voix, parvenant de la rue en contrebas, qui me fit revenir à la triste réalité : « Tout va bien, pas trop de casse chez vous ? ». C'était un voisin, non, pas celui qui habite juste à mes côtés, avec qui je papaute tout en jardinant, non, celui du numéro 2, au bout de la rue, celui dont j'ignore même le nom et le prénom de ses enfants. Ce voisin vit à guère plus de 150 mètres de chez moi depuis une quinzaine d'années. Durant tout ce temps, nous avons dû échanger quelques dizaines de mots, limitant notre proximité à un hochement de tête distrait lorsque nos véhicules se croisaient. Et voilà que ce matin de janvier, la première voix qui me parvenait au beau milieu de l'apocalypse était la sienne.

Oh, pas encore une voix amie, pas encore une intonation proche que l'on reconnaît à la première syllabe. Non, une simple voix, enfin posée sur un visage et qui, dans la plus extrême des simplicités me demandait si j'allais bien.

Je lui ai répondu que « oui, à peu près et chez vous comment ça va ? ». On s'est retrouvé là comme deux naufragés, à discuter du climat, de la forêt, du réchauffement de la planète et d'autres trucs sans importance que l'on aurait pu évoquer mille fois depuis 15 ans. Peu à peu, le groupe s'est élargi. J'ai vu arriver des têtes connues, des copains de toujours.

Il y avait dans tout cela un air de conseil de guerre, la dimension unique des instants où se prennent les grandes décisions. Alors chacun est parti récupérer au fond du garage sa tronçonneuse, une corde oubliée ou le groupe électrogène du beau-père. Toute la journée, chez l'un, puis chez l'autre, ce fut un sacré chantier d'élagage, de ravitaillement en eau pour certains, de dons de bougies et lampes à pétrole et de choses d'habitude si insignifiantes à force d'être normales. Nous nous sommes retrouvés le soir, au n° 2, exténués, les bras endoloris, autour d'une bouteille de Tursan à se régaler d'un bon vieux pâté maison. Tous, réunis autour d'une table, verre à la main, offrions des réminiscences de veillées perdues. Encore un peu et certains d'entre nous auraient pu ressortir quelques contes anciens, transmis par des mamies Louise. On s'est quittés tôt, sur le coup des 22 heures, la journée avait été longue et bien employée.

Alors, que restera-t-il de Klaus et de son carnage landais ?

Des arbres broyés, une magnifique forêt dévastée, trop de vies envolées et des maisons éventrées. Dans quelques années, nous en reparlerons comme un souvenir glorieux d'ancien combattant. D'ici là, tout sera rentré dans l'ordre et le quotidien aura repris le dessus.

Il n'empêche que depuis ce jour d'entraide magnifique, à chaque passage devant le n° 2, au bout de la rue, je lâche un petit coup de klaxon en agitant la main comme on le fait lorsque l'on croise un ami.

Jacques Gayon